« Supernova » : Colin Firth et Stanley Tucci amoureux dans un road-movie poignant

Le deuxième film d’Harry McQueen, qui sort en salle le 8 septembre, nous emmène là où on ne voudrait jamais aller : quand la maladie s’immisce au sein du couple. Une œuvre intimiste avec deux acteurs bouleversants de vérité.

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Indéniablement, en voyant Supernova, on ne peut s’empêcher de penser à deux autres films très forts : Still Alice de Wash Westmoreland et Richard Glatzer, avec l’excellente Julianne Moore (qui a décroché l’Oscar de la meilleure actrice pour ce film en 2015) et surtout le déchirant Amour de Michael Haneke avec Emmanuel Riva et Jean-Louis Trintignant (qui lui, a été récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes de 2012). Mais ici, le couple est composé de deux hommes, Sam et Tusker, interprétés de façon magistrale par Colin Firth et Stanley Tucci.

Le pitch est assez simple : Tusker, écrivain renommé, est atteint d’une maladie dégénérative. Il va bientôt perdre la mémoire et oublier complètement Sam, son compagnon avec qui il vit depuis 20 ans. Il entreprend avec Sam un voyage dans la campagne anglaise qui prend rapidement le chemin du « deuil à préparer ». Alors qu’Harry McQueen aurait pu très vite plonger dans un mélodrame larmoyant et finalement insipide, il choisit de nous interpeler, nous spectateurs, au rythme de ce road-trip particulier : Comment réagirions-nous à la place des deux personnages ?

Un couple extraordinaire de vérité

Les deux acteurs Colin Firth et Stanley Tucci ont très vite donné leur accord pour interpréter les rôles de Sam et Tusker. Et ils sont parfaits. Tout au long de leur périple, on apprend leur longue histoire (ils sont ensemble depuis plus de 20 ans) et surtout l’apparition de la maladie et des symptômes déjà irréversibles. On comprend petit à petit pourquoi leur amour est en jeu. Non pas à cause de leurs sentiments qui s’estomperaient, mais plutôt à cause de quelque chose qui va faire disparaître ces sentiments. À travers des gestes de tendresse tellement anodins, on comprend l’urgence dans laquelle les deux protagonistes se retrouvent piégés. Les longs moments de silence entre les deux ne font qu’accentuer le sentiment d’impuissance face à la maladie. Et chacun aura une réaction différente, certes, mais tellement complémentaire…

Profiter jusqu’au bout

Sam sait qu’il va disparaître de la vie de Tusker. Et parce qu’il sait qu’ils sont en train de vivre les derniers moments de conscience de son amoureux, il fait tout pour satisfaire les volontés de Tusker. Au point de s’effacer comme il semble toujours l’avoir fait. Mais s’effacer, n’est-ce pas aussi faire gagner la maladie un peu plus rapidement ? Et Tusker est lui aussi conscient qu’il doit préparer son départ en laissant une place énorme à Sam, au sein de ses amis par exemple… Toutes ces questions que les deux personnages se posent ne sont pas verbalisées, elles sont seulement insidieusement exprimées à travers quelques mots, beaucoup de regards et quelques caresses. C’est touchant de voir à quel point les mots ne sont finalement pas importants. L’urgence est de profiter de l’autre jusqu’au bout. Au-delà de la maladie…

supernova film

Un discours testamentaire

Quand pendant leur périple, Sam et Tusker rendent visite à de la famille, comme pour leur dire adieu en tant que couple, c’est toute l’intimité et la pudeur de ces deux vieux amoureux qui sont mises à l’épreuve. Tusker a l’intention de parler de sa maladie. Mais comment ? Avec quels mots ? Il le fera à travers un discours poignant. Harry McQueen connaît son sujet (il œuvre au sein d’associations caritatives qui aident les patients atteints d’Alzheimer) et il connaît l’importance des mots, des derniers mots. Quand on sort de la projection de ce film, on n’a qu’une envie : aimer ! Comme Sam et Tusker s’aiment… Et qu’on soit en couple ou pas, d’ailleurs…

Supernova, de Harry McQueen
Sortie en salle le 8 septembre (KMBO)

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