Festival QueerScreen : De « Plan B » au « Colocataire » : 5 films 🔥hot🔥 de Marco Berger

Depuis une dizaine d’années, l’Argentin Marco Berger s’est imposé comme un cinéaste très inspiré par la sensualité masculine, et par la complexité des désirs. « Le Colocataire », présenté samedi dans le cadre du festival en ligne Queerscreen et JocK, exalte à nouveau avec subtilité les corps et les sentiments. L’occasion de revenir sur cinq de ses histoires d’hommes…

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Du 12 au 21 mars, JocK et QueerScreen font leur cinéma avec le premier festival en ligne de films LGBT. Chaque jour, un ou deux films sont à découvrir pendant 24h sur queerscreen.fr (mise en ligne à 18h en semaine et 15h le week-end). Le film Le Colocataire est à découvrir le samedi 13 mars dès 15h. On vous donne aussi rendez-vous samedi à 18h sur notre page Facebook pour une rencontre LIVE avec Gaston Re, l’acteur du film et parrain du festival.

Plan B (2009)

Dès son premier film, Marco Berger surprend, imposant un dispositif qu’il ne va cesser de développer et d’affiner opus après opus : deux personnages à priori hétéros, beaucoup de silences et de non-dits, et une manière ultra sensuelle de montrer leurs corps, leurs peaux, leurs regards, leurs gestes, leurs effleurements fortuits ou non… pour saisir l’évolution de leurs rapports. Dès ce film inaugural dans lequel Bruno se rapproche de Pablo, le nouveau mec de son ex-copine, soit-disant pour reconquérir celle-ci, Marco Berger parle de la difficulté de se dire gay dans un pays machiste tout en faisant éclater la dimension infiniment charnelle de son cinéma.

(c) Happines

Absent (2011)

La tension sexuelle est à son comble dans ce film qui ne parle en fait que de frustration. Lors d’un entraînement à la piscine, Martin, un adolescent, ressent une forte douleur à l’œil. Sebastian, son professeur, le conduit à l’hôpital. Rien. Alors qu’il s’apprête à le reconduire chez lui, Martin ne cesse d’inventer des mensonges pour retarder leur séparation et, finalement, obliger Sebastian à annuler son rendez-vous avec sa fiancée et l’héberger pour une nuit… Marco Berger détaille l’anatomie de son jeune héros, et le malaise, le trouble, qui gagnent l’adulte face à cette tentation à laquelle il se refuse.

(c) Bodega Films

Hawaï (2013)

Martin est à la rue. Eugenio, lui, vit dans une grande villa. Enfants, ils se sont connus, les années les ont séparés. Ils se croisent. Se reconnaissent. Eugenio invite Martin. Sur fond de mystère, de non-dits, de souvenirs d’un passé qui ne passe pas, Marco Berger reprend son très sexuel jeu du chat et de la souris, pimentant les relations entre les deux garçons de séquences où sa caméra surprend leur nudité, où leurs torses, leurs fesses, leurs sexes apparaissent et plongent l’autre, comme les spectateurs, dans le trouble. L’indéniable érotisme de Hawaï vient de là, de cette façon dont Marco Berger ne cesse de montrer puis de dissimuler l’objet du désir, de le rendre à la fois proche et inaccessible jusqu’à un finale aussi émouvant qu’inattendu.

(c) pro-fun

Taekwondo (2016)

« Je peux t’embrasser ? Â» C’est ainsi que se conclut (presque) Taekwondo, ce film dans lequel Marco Berger (aidé par Martin Farina) semble échapper à son schéma habituel : deux mecs face à leurs pulsions plus ou moins avouées. Ici, ils sont neuf réunis autour d’une piscine, à s’exhiber, boire, rire, manger, parler des filles et de leurs conquêtes. Car ils sont tous prétendument hétéros. Pourtant, c’est bien un flux continu de désirs qui ne cesse de circuler entre eux, entre leurs corps bien plus libres que leurs mots, et notamment entre Fernando, le propriétaire des lieux, et German, un des joueurs de son équipe de taekwondo. Tout le film progresse, avec la lenteur contemplative et sensuelle qui est la marque du cinéma de Berger, vers ce moment où Fernando interroge German : « Je peux t’embrasser ? Â»

Le Colocataire (2020)

Lorsque son frère quitte l’appartement qu’il partageait avec Juan, celui-ci trouve un nouveau colocataire en la personne d’un de ses collègues, ouvrier comme lui, Gabriel. Autant Juan est brun et multiplie sans s’en cacher les conquêtes féminines, autant Gabriel est blond, timide, introverti. Comme toujours dans ce nouveau film, Marco Berger cherche à capter ce qui se joue peu à peu entre ces deux jeunes hommes. On pourrait croire qu’il se répète tant on y retrouve tout ce qu’on aime dans son cinéma. Ce n’est pas le cas, tant ce film subtil est nimbé d’une mélancolie qu’on ne connaissait pas chez lui.

le colocataire film gay marco berger
(c) Salzgeber & Co. Medien

Le Colocataire, de Marco Berger, avec Gaston Re, Alfonso Baron… À voir le 13 mars sur queerscreen.fr dans le cadre du festival en ligne « QueerScreen et JocK font leur cinéma ». Pour profiter du festival, il vous suffit de prendre un accès à queerscreen.fr (6,99€/mois avec 7 jours d’essai offert). Vous aurez accès à tous les programmes du festival mais aussi à plus de 300 films et séries LGBT disponibles sur la plateforme !

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