5 choses que “Les Chroniques de San Francisco” nous ont apport√©es

La nouvelle adaptation t√©l√© des “Chroniques de San Francisco” est disponible sur Netflix depuis juin dernier. L‚Äôoccasion de (re)d√©couvrir cette saga intemporelle d‚ÄôArmistead Maupin et de faire le point sur son h√©ritage plus de 40 ans apr√®s.

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1 – Une saga qui a accompagné et accompagne plusieurs générations de gays

Armistead Maupin a commencé à publier les Chroniques de San Francisco (Tales of the City en VO) sous forme de feuilleton dans un journal, le San Francisco Chronicle, en 1976. Voilà donc plus de 40 ans que les Chroniques accompagnent la vie des gays, au travers de neuf livres, une première adaptation télé et maintenant, une deuxième (celle de Netflix) avec, au casting, Ellen Page, Olympia Dukakis et Murray Bartlet – le daddy sexy de Looking. Il y a même eu une comédie musicale mise en musique par l’ex-Scissor Sister Jake Shears. Michael Tolliver, Anna Madrigal ou Mary-Ann Singleton sont comme de lointains cousins que l’on a eu plaisir à voir grandir, vieillir, aimer, commettre des erreurs. Et on en veut encore !

Crédit photo : Alison Cohn Rosa/Netflix

2 – Une histoire qui parle de nous

Lorsqu’en 1976, les lecteurs du San Francisco Chronicle ont découvert les personnages de Michael Tolliver ou Anna Madrigal, beaucoup n’en ont pas cru leurs yeux. On n’avait tout simplement jamais vus de tels personnages. Un jeune gay qui vit sa vie et ses amours comme n’importe qui d’autre. Une femme trans qui est juste “une vieille dame sympa”.  A travers les livres ou ses adaptations, Maupin nous a parlé d’amour gay, du drame de l’épidémie de VIH/sida, de la différence d’âge dans une relation, des couples mixtes. La vie, quoi. Notre vie. 

Olympia Dukakis reprend le rôle de Mme Madrigal. Crédit : Alison Cohn Rosa/Netflix

3 – Une lettre de coming-out devenue culte

Le talent d’un écrivain est parfois (souvent?) de mettre des mots simples sur une expérience à la fois banale et exceptionnelle comme le coming-out. On a beau l’avoir lue et relue un nombre incalculable de fois, la lettre que Michael Tolliver écrit à ses parents pour leur dire qu’il est homosexuel parvient toujours à émouvoir par la force de ce qu’elle exprime: une déclaration d’amour d’un fils à ses parents, rendue possible parce que ce même fils a enfin appris à s’aimer lui-même tel qu’il est. 

Regardez la vidéo où l’acteur Ian McKellen fait une lecture publique de cette lettre :

4 – Une terre promise

On dit souvent que le personnage principal des Chroniques, c’est San Francisco elle-même. A juste titre. Dans les années 70, la ville californienne a fait figure d’El Dorado pour les gays, qui y ont été nombreux — comme Armistead Maupin — à s’installer… Et au milieu de cette cité plus tolérante vis à vis des homos que la plupart des autres villes du monde, Maupin a créé une résidence en forme d’utopie, le 28, Barbary Lane, avec une tenancière trans qui fume des joints, et des locataires qui vont du jeune gay naïf et chaud comme à la braise, au bel hétéro macho en passant par la fille à pédés ou la lesbienne baba cool. Une manière d’affirmer qu’on peut tous vivre ensemble et que la vie peut être belle. Et si le San Francisco initial de Maupin n’a pas résisté au sida, puis à la spéculation immobilière causée par l’installation des grandes entreprises de la tech, le 28, Barbary Lane reste intact. Comme si l’auteur nous mettait au défi de transposer ce doux rêve du vivre-ensemble partout où nous vivons: Paris, Londres, Madrid, Palavas Les Flots, etc. Chiche ?

Crédit photo : Alison Cohen Rosa/Netflix

5 – Une connaissance de notre histoire

Dans l’un des épisodes de l’adaptation Netflix, un gay “d’âge mûr” engueule Ben, le copain de Michael, qui a 28 ans, parce que ce dernier lui a reproché d’utiliser le mot “tranny” (“travelo”). Il lui rappelle l’hécatombe que sa génération a connu et la douleur qu’elle a laissé en chacun de ceux qui y ont survécu. Même si le personnage est arrogant et sa colère se trompe de cible, il est difficile de ne pas être ému devant son émotion. Une émotion que ne comprendra jamais tout à fait la jeune génération post-années noires, c’est vrai. D’où l’importance de continuer à en parler malgré tout. Commencée avant l’apparition “officielle” de l’épidémie en 1981, les Chroniques ont ensuite été profondément marquées par le VIH, comme Michael qui découvre sa séropositivité à la fin des Autres Chroniques de San Francisco (le tome 3).  Dans l’adaptation Netflix, on évoque également les émeutes de la Cafétéria Compton, en 1966 à San Francisco, 3 ans avant Stonewall. Comme quoi, divertissement et éducation peuvent bien aller de pair. 

Les Chroniques de San Francisco, à voir actuellement sur Netflix.

Tu en veux encore ?