Les « Filles à pédés » : pourquoi on les aime !

Elle est notre plus grande alliée, la « fille à pédés », alias la FAP nous aide, nous guide, nous accompagne pendant des moments souvent plus importants qu’on ne le croit. Qui sont ces héroïnes ?

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Elles ont toujours été à nos côtés. Pour le meilleur et pour le… meilleur. On a tous eu une copine au lycée qui nous servait d’alibi quand Tante Ursula nous demandait le nom de notre « petite copine ». Elle jouait le jeu. Ravie de faire partie du grand complot anti-vieux cons de la famille… Mais pas que… Elle était notre bouclier anti-bullying au lycée. De quoi leur ériger une statue : « À la FAP, les gays reconnaissants ».

C’est win-win

Le profil de la fille à pédés est multiple. Mais dans le fond, elle nous ressemble. Elle est différente. Qui n’a pas été bizarrement attiré au lycée par la gothique un peu seule qui adorait Jeanne Mas et Motörhead en même temps ? Ou par la Butch qui prenait la défense de la petite nouvelle harcelée à la rentrée. Ou encore par la baba cool qui lisait Verlaine en allemand sur un banc, au fond de la cour. Plus elle était différente, plus on était attiré. Et elle n’était pas dupe ! Elle aussi avait compris qu’il y avait, derrière votre pas chaloupé, une volonté d’être « vous » et pas ce que tout le monde voulait que vous soyez. Du coup, votre entente est une « évidence ». Elle, elle vous donne le change et vous, vous faites fuir tous les lourdauds qui viendraient l’embêter. La méthode d’approche pédé-FAP est très simple : il faut sortir un truc complètement barré qui vous fera rire tous les deux ! C’est souvent le début d’une grande histoire… Elle deviendra votre Clara Sheller.

Un drôle de défouloir

Les histoires avec les filles à pédés tournent souvent autour du même postulat : « tout le monde nous déteste, donc on va détester tout le monde ! » Avec elle, vous allez vous défouler sur les autres. Les cons en premier. Ceux qui vous regardent de travers… Votre amitié forte deviendra vite un rempart anti-homophobes. Comme vous, elle exagèrera sa démarche, osera des looks clinquants, assumera des goûts éclectiques. Avec elle, vous aurez de longues discussions sur Proust et Genet, si c’est une littéraire, sur Madonna et Mylène Farmer, si elle plus Pop… La « super-FAP » se reconnaît aussi quand elle vous aide à draguer. Quand elle tente les approches avec l’hétéro-bombasse qui a des accointances bi-curieuses et qu’elle s’efface, à la dernière minute, pour vous laisser en tête à tête avec le Musclor en question. Ce qui, avouons-le, se conclut souvent en fiasco mémorable !

Sur son épaule

Mais soyons honnête (pour une fois !), la fille à pédé est aussi et souvent une énorme boîte de Kleenex. C’est avec elle que vous pleurez le plus facilement. Devant le final de la série Six Feet Under, après une rupture douloureuse… Devant la soirée électorale où votre candidat préféré s’est ramassé en beauté… Chez le marchand de chaussures quand votre paire préférée n’existe plus en 41… Elle vous remonte le morale, accepte de jouer au punching-ball même quand vous êtes de mauvaise foi, tentera de vous faire rire quand vous êtes au fond du fond. Bref, c’est avec elle que vous deviendrez plus fort.

Mais, et c’est souvent là le problème, il ne faut pas oublier non plus qu’elle aussi, peut avoir besoin de vous. Que vous aussi, vous pourriez être l’épaule dont elle a besoin. Alors n’ayez pas peur, de temps en temps, de sortir votre costume de « Gay à FAP ». On leur doit bien ça !

Et on se quitte avec cette chanson des « Funambules » écrite par Alexis Michalik, qui leur est spécialement dédiée :

Tu en veux encore ?