3 bonnes raisons de binge-watcher « AJ and the Queen » sur Netflix

Ce road-movie avec une drag queen sur le retour, RuPaul, et une gamine de dix ans un peu larguée n’est pas sans nous rappeler l’histoire de Sans Famille d’Hector Malot… Que vaut cette version moderne et franchement LGBT friendly ? On a ri, on a même pleuré. Bref on a adoré…

Alternative Text Par Jock • Publié le

AJ est une gamine de dix ans rebelle, abandonnée par sa mère prostituée et toxicomane dans un New York par vraiment flamboyant. Ruby Red (interprétée par RuPaul) se fait plumer par son escroc de mec, le très sexy Josh Segarra et perd toutes ses économies. Il doit se refaire et part dans son camping-car pour une traversée de l’Amérique profonde, jusqu’à Dallas (Texas) où se tiendra le concours de Miss Gay USA. AJ se cache dans le véhicule de Ruby Red. Ainsi commence l’histoire de AJ and the Queen, un road-movie à la fois drôle et touchant. RuPaul surfe sur le succès mondial de son RuPaul’s Drag Race, certes, mais la série n’est pas un fade copié-collé de son show. On y retrouve bien sûr les messages de respect et de tolérance que la star distille tout au long des épisodes du concours. Mais la série va bien au-delà. Derrière un casting infernal et des dialogues déjà cultes, elle montre un visage de l’Amérique profonde, celle qui vote massivement pour Trump, cette Amérique que RuPaul n’arrive pas à détester entièrement, peut-être à cause de sa grand-mère originaire de Louisiane ou de son adolescence dans l’État de Géorgie. 

Une vraie image de l’Amérique

La traversée des États-Unis de Ruby Red et AJ est bien loin de l’image de carte postale qu’on veut bien donner du pays. Dans la série, pas de Hollywood, ni de plages de Floride et encore moins d’endroits branchés new-yorkais… On traverse l’Ohio, le Kentucky ou encore l’Arkansas pour arriver au Texas. Autant dire une ligne droite de l’homophobie crasse américaine. AJ and the Queen nous dépeint une série de personnages qui sont des caricatures de ce qu’on pourrait imaginer de la haine des gays. Et pourtant, RuPaul réussit à les rendre attendrissant. Par exemple, le père de Brick, un gamin qui adore porter des robes, est dingue d’armes à feux et est viscéralement homophobe (ça va souvent ensemble !) : il arrive à verser une larme quand il voit son fils en drag… Et on ne va pas parler ici de tous ces personnages de femmes white-trash qui sont drôles à mourir avec leurs moues faites d’admiration pour la drag et de dégoût pour le gay…

Beth Dubber/Netflix

Un casting de dingue

Le grand jeu quand on regarde AJ and the Queen est de retrouver les noms des drags qui jalonnent la série. Tous les épisodes se concluent par un morceau de drag mais on les voit aussi dans des rôles plus surprenants : Ginger Minj en organisateur de soirée dépressif, Latrice Royale en meneuse de club mafieuse ou Trinity The Tuck en compétitrice sauvage du concours de Miss Gay USA… Elles sont toutes là ! On aurait aimé avoir un peu plus de Valentina ou de Bianca del Rio, mais on n’est jamais frustré… On a dénombré 23 drags dans la série ! Une mention particulière pour Mario Cantone (le coach hystérique de Charlotte dans Sex and the City) qui nous fait une Tina Turner effrayante de drôlerie. Qui dit drag, dit souvent bombasses à côté. Et dans AJ and the Queen, on est servi. A commencer par Matthew Wilkas (l’ex boy-friend de Gus Kenworthy, vous vous rappelez du baiser qui a fait scandale aux Jeux Olympiques de Pyeongchang ? C’était lui avec notre Gus chéri !). Et avec Matthew, vous verrez aussi Constantine Rousouli, entièrement nu. Un des plus beaux postérieurs qui existe…

Crédit : Beth Dubber/Netflix

Des dialogues déjà cultes

On connaît RuPaul pour ses costumes de drag, mais aussi pour ses sorties cinglantes et son humour dévastateur… Dans la série, il s’est lâché. On a l’impression que chaque plan nécessite sa punch-line. Certaines tombent à plat certes, mais d’autres nous ont beaucoup fait rire. A commencer par pratiquement toutes les phrases de Louis, aka Coco Butter (interprété par l’excellent Michael-Leon Wooley) qui joue une drag costumière… aveugle. Il n’y a que RuPaul pour rendre crédible un tel personnage. On a beaucoup aimé les dialogues entre Ruby Red et le propriétaire d’un musée Bob Mackie à Mont Juliet, un trou paumé du Tennessee. Mais la palme de la saillie verbale de haute volée revient au médecin qui ausculte Ruby Red dans une magnifique tenue écarlate et qui lui dit à propos du fait de soigner les drags queens : « Oh, vous savez ! J’ai exercé à Greenwich Village. J’ai soigné cinq Judy Garland. Dont la vraie ! » 

« AJ and the Queen » à voir sur Netflix

Tu en veux encore ?