Michal Kwiatkowski : de la « Star Ac » Ă  « Amour, etc. »

On n’a jamais retrouvĂ© l’orange qu’il a volĂ©e au marchand, mais on n’a jamais vraiment perdu la trace de Michal, ancien finaliste (contre Elodie FrĂ©gĂ©) de la « Star Academy » en 2003. Le chanteur d’origine polonaise a publiĂ© cinq albums et va mettre un point final Ă  sa tournĂ©e « Amour, etc. Â» les 20 et 21 septembre prochains Ă  Paris au BĂąteau – ThĂ©Ăątre Le Nez Rouge. Jock.life l’a rencontrĂ©.

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Peux-tu nous présenter le concept de « Amour, etc. » dont tu vas donner deux représentations les 20 et 21 septembre prochain à Paris ?

C’est la fin d’une tournée que j’ai débuté en 2017, il y a plus de deux ans donc. C’est un concept piano-voix autour des chansons d’amour qui ont marqué ma vie, de mes chansons d’amour préférées. Il s’agit de titres que j’ai enregistrés sur mes albums, des chansons à moi mais aussi des standards de chansons d’amour que tout le monde connaît en français, en anglais. Et en polonais aussi, parce que je suis polonais et fier de l’être. Ces deux dates sont particulières parce que ce sont les deux dernières. J’ai décidé de mettre un terme à cette aventure parce qu’il est temps de passer à autre chose et je vais commencer à préparer le nouveau spectacle. C’était une très très belle aventure.

Le duo de tes rêves, ça serait avec qui ?

Cela ne va pas être original… La première chanson d’amour en français que j’ai chanté de toute ma vie — et je continue à la chanter d’ailleurs, c’est Ainsi soit-je, de Mylène Farmer.  Cette chanson a bouleversé ma vie. C’est elle qui m’a donné envie de parler français. Et après, ça s’est enchaîné. C’est grâce au français que j’ai décidé de venir en France, et après il y a eu la Star Academy, etc. Tous ces éléments ont contribué à faire de moi l’homme heureux que je suis aujourd’hui. Du coup, pouvoir la chanter un jour avec son auteure/interprète ce serait vraiment un honneur. 

Tu évoques la Star Academy. Cela fait plus de 15 ans… C’est une autre vie, non?

Oui, ça fait 16 ans. Après, je l’ai très bien vécu. J’ai adoré cette expérience et ce qu’elle a engendré ensuite dans ma vie. J’en profite jusqu’à aujourd’hui, donc c’est vraiment génial.

Quel regard tu portes sur toutes les émissions comme The Voice?

Je ne peux que porter un regard très tendre, parce que je sais à quel point il est difficile de vivre ce genre d’expérience dans le sens artistique. C’est énormément de stress, énormément de travail en peu de temps. Je trouve ça génial que ce genre d’émission puisse toujours exister.

Es-tu heureux de ta carrière? Y-a-t-il des choses que tu aurais fait différemment?

Non. Aujourd’hui, je peux dire la main sur le coeur que tout est exactement comme je l’imaginais. Cela ne fait pas très longtemps que je le dis, mais je pense que je suis devenu l’artiste que j’ai toujours rêvé d’être. Avec mon indépendance. Avec mes galères aussi. Parce que je fais beaucoup de choses tout seul. Je suis obligé de fournir énormément de travail pour peu de résultats. Donc mon travail est très long  mais c’est ce qui fait que ma satisfaction est immense. J’ai eu une très belle carrière dont je suis très fier. Je souhaite à tous les artistes une carrière comme la mienne.

Peux-tu nous en dire plus sur ton prochain projet ? Album? Spectacle?

Ça sera forcément un projet live. Cela fait quelques années que je suis un artiste de scène. Vous savez, les disques se vendent mal de nos jours. J’en ai sorti cinq, dont je suis très fier. Mais c’est la scène qui fait vivre. Ce sera donc du live. Le spectacle est prévu pour 2020. Ce sera un troisième « Etc. ». Le premier, c’était « Chopin, etc. », un album et un spectacle débuté en 2013. Puis il y a eu la suite, « Amour, etc. » et je vais commencer à travailler sur le troisième dès que j’aurais fait les dernières dates d’ « Amour… ». Je ne vais pas dire ce que c’est parce que si je change d’avis entretemps, j’aurai l’air con ! (rires). Mais ça ira assez vite. Je pense organiser les premiers concerts avant l’été 2020.

Ce seront des chansons anciennes ? Nouvelles ?

Ce qui est sûr c’est que ce sera du piano-voix. Ce sera ma troisième tournée piano-voix et c’est très bien comme ça. J’aime bien l’idée de « etc. ». Ca me laisse une certaine liberté. Je choisis un fil conducteur et je peux rajouter de petits détails autour. Ce qui fait que ça peut être des reprises, des chansons à moi. Je suis compositeur aussi, donc c’est important d’inclure mes chansons. Mais je pense que c’est aussi intelligent d’attirer les gens avec des reprises, avec un projet accrocheur auquel ils peuvent s’identifier tout de suite sans forcément connaître mes chansons à moi. Le but c’est d’attirer les gens.

En Pologne, je suis aussi associé à la lutte contre l’homophobie et à mon engagement sur le sujet, qui est plus intense qu’en France. En effet, la vie des homosexuels est plus compliquée qu’ici.

Tu es polonais et tu mènes aussi une carrière dans ton pays natal. Comment es-tu perçu là bas?

Ma carrière est très différente là-bas parce que les points d’attache ne sont pas les mêmes et on ne m’associe pas aux mêmes choses. Aujourd’hui on associe beaucoup les artistes à leur début de carrière, une émission, une chanson ou un événement particulier. Ici bien évidemment, c’est la Star Academy et « l’orange du marchand », qu’apparemment j’ai volée en 2003. Je suis très fier de toutes ces références. En Pologne, c’est différent parce qu’ils ne connaissent pas ces références. Là bas ils vont plus me connaître par rapport à la France. Je suis « le polonais qui a eu du succès en France ». Le résultat est le même. Je fais mes concerts et je chante mes chansons. Là bas, je suis aussi associé à la lutte contre l’homophobie et à mon engagement sur le sujet, qui est plus intense qu’en France, parce que la vie des homosexuels est plus compliquée qu’ici. On m’associe aussi à mon petit-frère Dawid, qui est une grande star en Pologne.

Aujourd’hui, tu parles librement de ton orientation sexuelle, de ton mari. A l’époque de la Star Academy, tu n’en avais pas parlé. Etait-ce le choix de la production ou le tien?

C’était vraiment mon souhait. A un moment donné, la production m’a proposé d’en parler. J’ai trouvé ça presque cool de leur part. Je ne voulais pas parce que j’étais jeune. On oublie parfois que j’ai fêté mes 20 ans là bas au Château. J’étais un bébé. Et je suis très heureux d’avoir protégé à ce moment-là cette sphère de ma vie. Je n’ai jamais dit « non je ne suis pas gay ». J’ai juste dit que je ne voulais pas le mettre en avant parce que je n’avais pas encore eu la discussion qu’il fallait avec ma famille. Elle me suivait à distance et regardait chaque émission que je faisais. Je ne voulais surtout pas qu’ils se sentent trahis si je commençais à parler de ma vie privée dans les médias français alors qu’eux n’étaient pas encore au courant. Dès que je me suis senti prêt, je l’ai fait. Mon coming out médiatique, je l’ai fait surtout pour marquer mon engagement dans la lutte contre l’homophobie.

Tu en veux encore ?